Tachycardie ventriculaire

La tachycardie ventriculaire (TV) est une accélération du rythme cardiaque lié à un dérèglement complet des signaux électriques dans les  cavités inférieures du cœur (ou ventricules). La tachycardie ventriculaire est une affection rythmique grave car potentiellement mortelle. D’autant plus lorsqu’il existe déjà d’autres problèmes au cœur, comme des maladies du muscle cardiaque (cardiomyopathie) ou des antécédents de crise cardiaque (infarctus). Cependant, la tachycardie ventriculaire peut survenir sur un cœur sain.

Causes

Toute affection qui endommage le muscle cardiaque, notamment:

 – Infarctus du myocarde (le plus souvent plusieurs années après la crise)

– Les maladies du muscle cardiaque (cardiomyopathies)

– Les maladies inflammatoires du muscle cardiaque (myocardites)

– Les interventions de chirurgie cardiaque

En effet, une fois le tissu endommagé, reste une cicatrice dans laquelle persiste quelques cellules musculaire toujours vivante qui s’organise sous la forme d’un “canal électrique”. Ce canal peut créer un chemin de passage anormal pour l’électricité cardiaque. En conséquence, de véritables circuits électriques à l’intérieur des ventricules peuvent de créer. Ces circuit “tournent” et donc font battre le cœur trop rapidement.

Circuit de tachycardie ventriculaire lié à une cicatrice dans le muscle cardiaque (adapté de Curr Opin Cardiol 2016, 31:29–36)

Symptômes

Dans la tachycardie ventriculaire, le cœur bat plus vite que la normale, souvent à plus de 150/min. Lorsque cela se produit, le cœur n’est pas en mesure de pomper suffisamment de sang. De brefs épisodes peuvent être silencieux. Mais le plus souvent ceux-ci s’exprime sous forme de:

  • Essoufflement
  • L’étourdissement
  • Vertiges
  • Palpitations
  • Douleur thoracique (angor)

Des épisodes de tachycardie ventriculaire prolongés ou très rapide peuvent causer :

  • Perte de conscience ou évanouissement
  • Arrêt cardiaque (mort subite). Il s’agit donc d’une urgence médicale absolue.

Diagnostic

Plusieurs examens complémentaires cardiaques sont nécessaires.

1/ Des examens pour valider le diagnostic de tachycardie ventriculaire

Un électrocardiogramme (ECG), est l’outil le plus souvent utilisé. Cependant, la durée d’enregistrement est très courte (10 secondes).

ECG en rythme normal et en tachycardie ventriculaire chez un patients aux antécédents de crise cardiaque
Carte électrique du ventricule gauche montrant une zone cicatricielle (rouge) dans laquelle existe des canaux électriques (vert-bleu)

La durée d’enregistrement peut ainsi augmenter jusqu’à 24-48 heures avec des moniteurs holters.

2/ Des examens pour vérifier l’état et la fonction du cœur

L’imagerie renseigne sur les anomalies structurelles cardiaques. Plusieurs modalités sont possibles

Traitements

Le traitement se décline en 2 objectifs :

  • restaurer le rythme cardiaque normal en urgence
  • empêcher de futurs épisodes de survenir par la suite.

 

1/ Traitement urgent

Le traitement immédiat consiste à délivrer un choc électrique au cœur. On parle de défibrillation. Le choc électrique “remet à zéro” l’activité électrique du cœur. Une injection d’un médicament anti-arythmique peut également être utilisée.

2/ Traitement au long cours: Prévenir les futurs épisodes de tachycardie ventriculaire

 

  • Les médicaments :

les médicaments anti-arythmiques (comme les beta-bloquants; l’amiodarone, la mexiletine) peuvent empêcher la survenue une tachycardie ventriculaire. Cependant, ils doivent être pris régulièrement et au long cours.

  • Défibrillateur automatique implantable (DAI):

C’est “l’ange gardien” du rythme cardiaque.  Le défibrillateur automatique implantable surveille en permanence votre rythme cardiaque. En cas de tachycardie ventriculaire, il délivre des impulsions ou des chocs électriques pour rétablir un rythme cardiaque normal. Le DAI s’implante comme un stimulateur cardiaque.

  • Ablation par cathéter:

L’objectif de l’ablation de la tachycardie ventriculaire est de bloquer les signaux électriques anormaux. Ceci se réalise en détruisant les canaux électriques inclus dans la cicatrice du muscle cardiaque. Dans cette procédure, un médecin insère des cathéters dans l’aine. Puis, il les guide à travers les vaisseaux sanguins jusqu’au cœur. Il réalise ensuite une cartographie électrique du cœur afin de repérer les canaux électriques anormaux. Enfin, l’énergie radiofréquence permet la destruction définitive de ces cellules électriques anormales . L’ablation de la tachycardie ventriculaire n’est pas un traitement de première intention. Une discussion entre patient, cardiologue et rythmologue est nécessaire. Discutez de vos options thérapeutique avec votre cardiologue. Ensemble, vous pouvez peser les avantages et les risques d’une intervention.