Antiarythmiques : quels bénéfices ? Quels risques ?

Antiarythmiques ? c’est quoi ?

Plus d’1,5 millions de français souffrent de problèmes d’arythmie. L’arythmie se définit comme une désorganisation des signaux électriques du cœur.

Ceci peut entrainer des palpitations, des tachycardies, des extrasystoles ou des fibrillations. Nés dans les années 50, les antiarythmiques permettent de réguler ces désordres électriques afin de rétablir un rythme cardiaque normal.

 

Antiarythmiques, comment ça marche ?

Les médicaments antiarythmiques peuvent agir de 2 façons :

  • soit en modifiant le transfert de l’électricité dans les cellules cardiaques. En agissant sur des petits canaux électriques (appelés canaux ioniques) sur la surface des cellules cardiaques.
  • soit en ralentissant la fréquence cardiaque.
Antiarythmique - Schéma d'un canal à sodium enchassé dans la membrane d'une cellule cardiaque. Les antiarythmique de classe I vont spécifiquement bloquer ce canal.

Il existe plusieurs classe d’antiarythmiques (classé de I à IV) selon le type de canal ionique bloqué.

Par exemple les antiarythmiques de classe I bloquent les canaux à sodium. Ceci entraîne un freinage de la vitesse de propagation de l’influx électrique. Les antiarythmiques de classe III inhibent préférentiellement les canaux à potassium.

 

Quelle efficacité ?

Comme tout médicament la réponse au traitement est variable d’un patient à l’autre. L’efficacité varie aussi en fonction du type d’arythmie qu’il faut traiter.

Par ailleurs, un traitement qui a bien marché initialement peut s’avérer finalement inefficace. C’est ce qu’on appelle un échappement thérapeutique. On peut dans ce cas-là changer de classe d’antiarythmiques.

Il est très difficile de quantifier de manière précise l’efficacité globale des antiarythmique sur l’ensemble des troubles du rythme existants. Dans notre expérience, c’est environ deux tiers des patients qui semblent bons répondeurs à ces traitements.

Quels risques ?

Globalement les antiarythmiques sont des traitements sur. Cependant, les effets indésirables ne sont pas rares. Il s’agit souvent d’effets indésirables transitoires qui passent au bout de quelques jours de traitement.

On peut évoquer certains troubles neuro-sensoriels (maux de tête, troubles visuels, troubles du goût ou de l’odorat) sur les antiarythmiques de classe I.

Les antiarythmiques nécessitent de toute façon un suivi par un cardiologue, voire un rythmologue car ils peuvent modifier de manière significative l’électrocardiogramme. Cette modification de l’électrocardiogramme peut avoir exceptionnellement avoir des conséquences dramatiques. Dans ces cas, une adaptation du traitement est souvent nécessaire.
Fait important, l’amiodarone (classe III) est un antiarythmique puissant mais pourvoyeur de nombreux effets secondaires à long terme. L’amiodarone a une toxicité sur la thyroïde, le foie le système nerveux et les poumons. Ces médicaments sont prescrits quelques semaines à quelques mois pour passer un cap dans le traitement de l’arythmie. Mais il vaut être très vigilant si on l’envisage comme un traitement chronique.
La consommation de pamplemousse, est connue pour interagir avec les antiarythmiques dont elle augmente la fréquence et des et la gravité des effets indésirables.

Finalement, que faire ?

En pratique clinique courante, il est classique de prescrire un traitement antiarythmique devant un trouble du rythme, même bénin.

Ce traitement a bien pour vocation de diminuer la gêne liée aux symptômes occasionnés par l’arythmie. Si les antiarythmiques sont mal tolérés, inefficaces (phénomène d’échappement) ou si le patient ne désir plus prendre de médicaments, le rythmologue peut conseiller un traitement curatif de ce trouble du rythme, le plus souvent à l’aide d’une ablation par radiofréquence.

 

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