Palpitations et COVID long : quels examens complémentaires ?

Notre bilan de palpitations comprend généralement un ECG, un échocardiogramme et un Holter. S’il y a des symptômes importants de douleur thoracique, une IRM cardiaque est demandée. Dans l’extrême majorité des cas, ces examens sont normaux. Les moniteurs d’événements révèlent des périodes de tachycardie sinusale au moindre effort.

IRM cardiaque d’un patient de 16 ans atteint de Covid-19 compliquée de myocardite aiguë (atteinte inflammatoire du myocarde).

  • B : avant injection de produit de contraste
  • C : après injection de produit de contraste

Les flèches indiquent la présence d’un hypersignal indication une inflammation de la paroi du coeur.

Gnecchi M, et al. Lancet. June 27, 2020.

Quel traitement ?

Notre approche de première intention consiste à augmenter l’hydratation et l’exercice allongé. Si les patients ont une pression artérielle basse ou normale, nous encourageons la consommation de 3 à 5 grammes de sel.

On privilégie l’exercice physique, d’abord par les étirements, le vélo, la musculation et le yoga. À mesure que les symptômes s’améliorent, on poursuit la reeducation debout ou l’exercice avec des changements de position.

Dans les cas plus graves avec une hypertension significative, l’acébutolol peut être utile. En commençant à la dose de 200 mg et en augmentant sur une période de plusieurs semaines selon les besoins.

Nous avons noté beaucoup plus d’anxiété chez les patients sévères. On ne sait pas si l’anxiété est réactive, fait partie du syndrome plus large ou déclenchée par des symptômes plus graves. L’anxiété repond bien à l’exercice, la thérapie et des médicaments au besoin. Dans l’ensemble, ces symptômes semblent s’améliorer progressivement avec une gestion relativement conservatrice. Les changements de comportement semblent éviter l’hypovolémie tandis que les exercices rééduquent progressivement l’équilibre du systeme nerveux autonome.

En résumé.

L’émergence de palpiations dans le cadre du syndrome du «COVID long » est déconcertante avec une prévalence importante dans les populations plus jeunes. La connaissance de ce syndrome et une caractérisation plus poussée sont essentielles. Les premiers rapports indiquent que la vaccination peut améliorer ces symptômes par des mécanismes peu clairs.

Notre approche consiste à vacciner avec une prise en charge conservatrice. Avec le temps, d’autres informations et modèles du syndrome du « COVID long » devraient apparaître. La communauté médicale semble familière avec les effets du COVID-19. Mais nous, en tant que communauté cardiologique, ne faisons que découvrir ses nombreuses séquelles.

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