Palpitations et grossesse : quelles causes ? Quels risque ?

Les palpitations sont un symptôme fréquemment décrit par les patientes enceintes.

Dans la grande majorité des cas celles-ci sont bénignes. Elles traduisent simplement le ressenti de certaines modifications physiologiques de l’organisme durant la grossesse. Néanmoins, on peut dans certains diagnostiquer une authentique pathologie cardiaque initiée ou révélée durant la phase de gestation.

Les modifications physiologiques du systèmes cardiovasculaire pendant la grossesse.

De nombreuses adaptations surviennent tout au long de la gestation. Elles conduisent à une élévation du débit cardiaque qui peut parfois perçue par certaines patientes sous forme de palpitations.  On les qualifie plutôt d’éréthisme cardiaque (perception exagérée des battements normaux du cœur).

Parmi ces mécanismes, citons par exemple :

  • l’augmentation du volume sanguin circulant. Le cœur de la maman doit, au début de la grossesse au moins, irriguer non seulement ses propres organes, mais également ceux du fœtus et le placenta
  • l’anémie. Souvent multifactorielle, elle nécessite en contre partie une irrigation plus importante des organes périphériques afin de permettre le maintien d’une bonne oxygénation. D’où l’élévation réactionnelle du débit cardiaque
  • des phénomènes posturaux. En fin de grossesse, la taille du bébé devient telle qu’elle peut parfois gêner le retour du sang au cœur. Le mécanisme est la compression des gros vaisseaux (compression de la veine cave inférieure, généralement soulagée par la position allongée sur la gauche dite « décubitus latéral gauche »). Ainsi, cette gêne au retour veineux oblige elle aussi le cœur à pomper plus vite.
  • Autres : certaines modifications hormonales physiologiques ou non (hormones thyroidiennes, …) peuvent également participer à l’augmentation du débit cardiaque,

Ces mécanismes sont responsables dans l’immense majorité des cas des palpitations de la femme enceinte. Ils sont physiologiques et doivent donc conduire à rassurer les patientes sans traitement spécifique en dehors de cas particuliers (correction d’une anémie excessive, rares cas d’hyperthyroidies gravidiques, …). Aucun suivi cardiologique n’est alors nécessaire.

palpiatations grossesse

Quelles sont les palpitations pathologiques lors de la grossesse ?

Plus rarement, la grossesse peut révéler d’une affection cardiovasculaire.

Cette affection peut être sous-jacente (c’est-à-dire que la patiente présente une maladie cardiaque préalable à la grossesse, connue ou non) et décompensée par la gestation. Ou bien celle-ci elle peut être directement provoquée par la grossesse : on parle de cardiomyopathie du péri/post partum.

Comme toutes les affections cardiologiques, celles du péripartum peuvent être révélées par des palpitations, généralement en rapport avec la survenue un trouble du rythme cardiaque.

Ces troubles du rythme nécessitent alors un traitement approprié en plus du traitement spécifique de la maladie cardiaque authentifiée. Ces traitements peuvent être médicamenteux (en prêtant une attention particulière au médicament prescrit car certaines molécules sont contre indiquées durant la grossesse) ou plus rarement interventionnels (ablation par cathéter).

Quel bilan devant des palpitations au cours de la grossesse ?

Vous l’aurez compris, les palpitations sont un symptôme fréquent chez les encintes.

Elles sont dans l’immense majorité des cas bénignes.  Souvent conséquences des adaptations physiologiques du système cardiovasculaire de la maman. Cela doit donc conduire à rassurer les patientes.

Néanmoins, il ne faut pas passer à côté d’une authentique pathologie cardiaque, aussi rare soit-elle. Un électrocardiogramme est ainsi systématique chez une patiente qui se plaint de palpitations.

Au moindre doute sur une anomalie, un cardiologue voire un rythmologue jugera de la nécessité ou non d’effectuer un bilan plus approfondi (échographie cardiaque, Holter, …).

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