Palpitations : est-ce que c’est grave ? 5 choses à savoir.

Palpitation est un mot très fréquemment employé. Mais que désigne-t-il ? Est-il dangereux d’avoir des palpitations ? Voici 5 choses à connaitre.

Palpitations : un terme générique.

En faitt, le terme de palpitation est en fait assez générique regroupant une symptomatologie assez variée. Stricto sensu, les palpitations traduisent le ressenti des battements cardiaques par le patient de façon généralement assez désagréable. Elles peuvent manifester sous plusieurs formes :
  • Une irrégularité permanente (cela oriente alors plutôt vers une arythmie),
  • De façon plus ponctuelle, sous forme de « raté » (on parle de palpitations extrasystoliques)
  • Une accélération de la fréquence cardiaque (on parle de tachycardie)
  • Parfois par la sensation d’un cœur qui bat « trop fort » (on parle d’éréthisme).
La sémiologie (c’est-à-dire la nature, la description) des palpitations présente une forte valeur d’orientation diagnostique pour le praticien. Ainsi, il convient d’en préciser le plus finement possible les caractéristiques.

Palpitations : pas toujours bénignes.

Les causes sont multiples. Sans en faire une liste exhaustive, on peut par commodité les répertorier en 2 catégories.
  • Palpitations d’origine « extracardiaque ». Elles ont pour origine un trouble qui retentit en accélérant le cœur. Ainsi, le cœur n’est pas la cause mais la conséquence d’un phénomène extérieur. Les causes sont classiquement :
    • Un stress intense
    • La grossesse
    • La prise de certains médicaments ou toxiques : bronchodilatateurs, corticoïdes, alcool, cocaïne, …
    • Un trouble métabolique : baisse de potassium (hypokaliémie), hyperthyroïdie, baisse de l’hémoglobine (anémie), etc.
  • Palpitations d’origine cardiaque. Dans ce cas, le cœur est directement à l’origine des symptômes. Il peut s’agir de tachycardie, d’arythmie ou d’extrasystoles. Déplus, selon le niveau d’atteinte, on parlera d’une origine ventriculaire (provenance des ventricules) ou supraventriculaire (oreillettes ou jonction entre oreillettes et ventricules). On peut les séparer en deux cadres :
    • Les palpitations primitives : le problème de base est une anomalie au niveau des circuits électriques du cœur.
    • Les palpitations secondaires : le problème rythmique révèle ou complique une affection cardiaque sous jacente (infarctus du myocarde, maladie valvulaire, maladie génétique du cœur, etc).
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Quand s’inquiéter ?

Les palpitations sont un motif fréquent de consultation en cardiologie, particulièrement en rythmologie. Même si dans certains cas les palpitations sont bénignes (surtout chez les sujets jeunes sans antécédent), elles peuvent révéler une authentique pathologie cardiaque dont il convient de faire un diagnostic précis afin de proposer un traitement et un suivi approprié. Ainsi, certains signes sont à rechercher, devant plus spécifiquement alerter le patient et le médecin. Citons parmi ces signes :
  • Un terrain familial à risque : antécédent de maladie cardiaque (maladie génétique le plus souvent type dysplasie, syndrome de Brugada, Syndrome du QT long, ou cardiopathie dilatée) ou de mort subite inexpliquée à un âge jeune chez un apparenté du premier ou second degré.
  • Un terrain personnel à risque : maladie cardiaque connue, cardiopathie congénitale, facteurs de risque cardiovasculaires, antécédent d’accident vasculaire cérébral…
  • Une consommation de médicaments ou toxiques arythmogènes
  • La présence de signes fonctionnels cardiologiques associés : DYSPNEE (essoufflement), DOULEUR THORACIQUE ou PERTE DE CONNAISSANCE, contemporains ou non des palpitations.

Qui consulter, quel bilan ?

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Face à l’éventail de causes possibles pouvant expliquer les palpitations, un bilan minimal s’impose. En effet, seule une enquête méticuleuse et spécialisée permettra de ne pas passer à côté d’une maladie cardiaque potentiellement sévère. Un cardiologue doit donc être consulté. Ainsi, il procédera à la réalisation d’un électrocardiogramme, examen minimal indispensable pour orienter l’enquête. Par ailleurs, il prescrira facilement un Holter, une échocardiographie et un électrocardiogramme. Selon ses conclusions initiales il procédera ou non à un bilan approfondi. . Pour les cas les plus complexes, le patient pourra être orienté vers un rythmologue, cardiologue spécialiste du rythme cardiaque qui pourra dans certaines situations, recourir à des examens plus poussés (exploration électrophysiologique par exemple).

Quel traitement ?

Comme c’est le cas bien souvent en médecine, le traitement d’un trouble est celui de sa cause. Pour les palpitations d’origine extracardiaques, le traitement est la correction du trouble causal, lorsque celui-ci est authentifié. Quand existe une maladie cardiaque, certains traitements spécifiques sont proposés en plus du traitement de la maladie causale. Cependant, face à la complexité et la multiplicité des diagnostics possible, il serait bien entendu impossible de résumer ces traitements sur quelques pages. Néanmoins, on peut séparer la stratégie thérapeutique en 2 axes :
  • Le traitement médicamenteux : c’est le traitement ancestral et il fait appel à des médicaments appelés antiarythmiques. Il en existe beaucoup, tous avec des effets différents et parmi les plus connus, citons :
    • Les béta-bloqueurs : BISOPROLOL, ATENOLOL, PROPRANOLOL etc…
    • Les sodium-bloqueurs : FLECAÏNIDE, PROPAFENONE, …
    • Les calcium-bloqueurs : VERAPAMIL, DILTIAZEM
    • Les potassium-bloqueurs : AMIODARONE
Ces traitements sont parfois nécessaires. Néanmoins, ils peuvent s’accompagner d’effets secondaires parfois invalidants qui venant limiter le recours à cette stratégie. Heureusement, une alternative à ces traitements est souvent disponible : l’ablation.
  • L’ablation. Il s’agit d’une technique interventionnelle qui consiste en une cautérisation des foyers électriques pathologiques, elle s’effectue par voie endovasculaire, souvent en ambulatoire. Parfois plus efficace et plus sûre que le traitement médicamenteux, cette technique est, lorsque cela est possible, de plus en plus souvent proposée en première intention. De surcroit, elle permet dans certains cas d’éviter au patient la prise d’un traitement cardiaque à vie.
Le traitement d'une tachycardie à 'lInstitut Mutualiste Montsouris
Le traitement d’une tachycardie à ‘lInstitut Mutualiste Montsouris

8 réponses

  1. Bonjour..Je suis hypertendu sous traitement…loxen 50lp + physiotens 0,2 ×2 /j + physiotens 0,2 à 18h J’ai des palpitations après le déjeuner qui peuvent durer de 2h à 3h …mon rythme normale le reste de la journée varie de 59 à 68 …J’ai une hypertension systolique..que dois-je faire pour savoir la cause des palpitations?? merci d’avance..

  2. J’ai fait 2 crises cardiaques,installations de stents…je fait des extra systole et des palpitations dernièrement mon cardiologue m’a enlevé les bisoprololes.Est-ce que ceci peut avoir un effets sur palpitations.

  3. Bonjour

    La prise de corticoîde sur une période courte ( 60 mg sur 6 jours ) peut elle entraîner des extrasystoles en nombre important; en effet, depuis que je prends ce traitement mon coeur bat rapidement et les extrasystoles sont nombreuses alors qu’habituellement j’ai un coeur lent ( 55 battements dans la journée, 40 la nuit )
    Merci pour vos éventuelles réponses

  4. Bonjour
    Une nonagénaire sous SOTALOL 80 a reçu une injection de corticoïdes ds son articulation. Dans la nuit elle a fait une arythmie avec une tension à 12/10
    Elle a eu une sensation de vertige . Elle a repris un SOTALOL et dit aller mieux même si son pouls est encore irrégulier . A t’elle eu raison de reprendre son traitement face à cela ? Doit elle voir un cardiologue ?

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